mercredi 24 octobre 2007

Le froid

La lumière se retire, peu à peu. Elle nous abandonne, partant à l'autre bout de la terre et c'est le froid qui prend le relais. Il est partout. Il s'accroche à vous et ne veut pas partir. Il guette notre peau et son allié le métal nous contamine tout aussi facile. On grelotte, on le fuit, mais il nous poursuit, ne renonçant à sa chasse que bien trop tard, nous faisant frissonner, nos pauvres vêtements impuissants ne pouvant nous conforter, pour l'instant.
Où que l'on regarde en ces petits matins, on voit son oeuvre nocturne.
La nuit est là, elle va s'inviter. A nous de résister..

lundi 22 octobre 2007

Guess

Scène de cours étrange. Une classe avec qui j'ai de bons rapports, remuante mais avec de la capacité s'est retrouvé avec cinq élèves qui n'avaient pas faire leur boulot. J'ai élevé la voix du fond de la classe pour dire que je n'étais pas content. "Aie" ai-je entendu. Je passe mon savon et un élève lève la main, non concerné car absent la dernière fois. Il m'a demandé une feuille. Un autre lui dit alors "là, tu casses l'ambiance". Comme si mes engueulades, ils les aimaient bien en fait. Comme s'ils avaient compris que j'avais raison de gueuler. J'y ai pensé toute l'heure.

Peu de temps avant, l'élève débile de l'année, qui l'ouvre tout le temps et qui se plaint toujours est exclu de mon cours. Son bras cassé l'empêche d'écrire, soi-disant, mais pas d'écrire sur les feuilles de ses copains.. Il est sorti en disant que je l'avais insulté en le traitant de "Caliméro"...

Enfin ce matin était le premier jour froid de l'année. La chaleur des classes (pour une fois) me rappelait ce froid de Noel. Car quand on a froid avant le 25 décembre, on est heureux. Quand a froid après, on déprime.

dimanche 21 octobre 2007

Dimanche soir

Alors que je rends mon tablier de fan des Bengals le week end s'achève donc avec les premiers goûts de l'automne. Les couleurs sont tranchées, il fait froid et le rouge se bat avec le bleu. A l'intérieur de la chaude maison, les rayons ras du soleil montre la poussière en suspension et nous invite sournoisement à sortir afin d'être mordu par le froid.

Un autre voyage s'est achevé et c'est toujours un lieu privilégié pour parler.
Le coût des prostituées que l'on trouve le long de la route, comment avoir des enveloppes au format US, la grande distribution, Marcilly la Campagne sont autant de sujets qui furent abordés
on the road.

Ce soir est le premier soir où il fait plus que frais dans mon appartement et par un étrange réflexe, j'en ai fait des crêpes. L'hiver approche donc, ainsi que les vacances et l'heure de saison. En attendant j'ai une jolie version de Virginia Woolfe à rendre mercredi, au cas où je menaçais de m'ennuyer.
Une nouvelle semaine. La roue tourne encore...

Coming out

"I always thought of Dumbledore as gay"

Eh oui, Albus est donc homo d'après son auteur et c'est intéressant de noter que c'est APRES que tout soit fini qu'elle révèle ce secret. A voir le nombre de titres sur netvibes qui apparaissent à ce sujet là, c'est qu'il ne se passe pas grand chose dans le monde en ce dimanche matin. Dans mon monde en tout cas.

vendredi 19 octobre 2007

Waiting

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Brad, avant George.

Jesse James va mieux.
Hier soir, dans un UGC Saint-Sever vide que "L'assassinat de Jesse James par le lâche Bob Ford" est entré dans mon souvenir d'amateur de films. Eh bien, on va le mettre juste à côté de "Impitoyable". Ce film est beau et puissant. L'écriture est admirable, complexe et profonde. Les acteurs sont impeccables et la mise en scène, simple, crue et nostalgique est impeccable. Et quelle histoire, quels dialogues, quel Brad Pitt.
Il y a cette nostalgie, ce non-dit qui ne peuvent que me plaire.

Mardi: George et Michael Clayton

jeudi 18 octobre 2007

Non, rien de rien...

Le froid est là.
Un petit tour au ciné ce soir, un départ au loin, bref on se met dans le mode qui convient.
Si je n'ai pas beaucoup posté cette semaine c'est que je pose aussi sur mon autre blog et donc le temps n'est pas extensible. Je me suis aussi libéré de quelques obligations. Quand la passion devient gênante eh bien on coupe.

La France et sa manie de cacher les informations pas de nuage radioactif, pas de divorce...UPDATE: 13h27 c'est officiel.
Cecilia part donc. Je la trouve quand même bien énigmatique cette personne. Je dirais même que je l'admire un peu car elle sait ce qu'elle veut et ne veut pas, même si on lui offre le meilleur job de France...

Un élève pendant un contrôle:

"-Monsieur, on répond aux questions?
-Oui, c'est le principe..."

A suivre..(et je vous laisse avec un peu d'allemand. Quelle jolie langue...)



et surtout avec la vraie vidéo de ce phénomène effrayant:



(et on remarquera qu'un clavier c'est solide...)

lundi 15 octobre 2007

Et là, on ne rit plus.

8h15 ce matin. Comme tous les lundis, le sommeil embrume encore l'esprit. Je pense dans les rangs pour vérifier le travail à faire pour le lundi. Les élèves discutent au fond, quelques rires que je sanctionne de mon regard. Tout est normal quand soudain, un cri qui n'en est pas vraiment un. "MONSIEUR!!". Je me retourne, Anais et Marjorie (noms modifiés) qui discutent toujours au fond m'appelle. Je ne comprends pas. Je capte un mouvement que je n'analyse pas encore. Etienne, juste devant elle, commence à se casser la figure sur sa chaise. Mais mon cerveau me dit: il ne tombe pas NORMALEMENT. Et là tout va très vite. Les chaises bougent, le stables bougent, tout le monde se recule. Etienne est pris de spasmes. Son corps se raidit, tremble comme si quelque chose voulait sortir de lui. Je vais vers lui, je ne sais pas quoi faire. C'est de l'épilepsie, oui c'est de l'épilepsie, OUI ET ALORS ON FAIT COMMENT!
Son corps est lourd, il ne cesse de trembler frénétiquement. Je tiens sa tête, je lui parle. Les élèves ne comprennent pas, puis ils réalisent. J'en oublie leur noms. Je dis au premier d'aller chercher les surveillants, j'en envoie un autre chercher le CPE, puis un autre l'infirmière (qui n'est pas là) et il est toujours là. Le silence se fait. Il n'y a que ses râles. Puis ils se font plus forts, bien plus forts et une tâche rouge sort de son nez. Des élèves se sentent mal, rient de nervosité. Je leur dis de sortir et au même moment, Michel vient m'aider. Je ne comprends pas trop mais sur le coup de je ne dis rien. Je me rappelle qu'il est pompier volontaire. Il écarte les tables et me demande s'il veut que je l'aide. Il parle. Il ne répond que par des râles. Et il se passe alors quelque chose d'effrayant pour tout le monde. Dans un râle plus fort, il tente de se lever. il balaie le sol de ses bras et étale alors tout le sang qui macule son pull blanc. Il se relève. J'essaye de l'en empêcher mais comment faire? Quelle va être sa réaction? QUELLE VA ETRE SA REACTION? ET MOI, IL NE FAUT RIEN MONTRER,ILS SONT TOUS PANIQUES.
Je le sers plus fort mais il a le temps de s'affaler sur une table, son sang éclaboussant un cahier. Il ne parle pas, il mugit. Je finis de faire écarter les tables. Dehors on court. Les adultes rentrent dans la pièce. Michel propose son portable pour appeler les pompiers. Ils vont mettre dix minutes. Dix minutes pendant lesquelles le corps d'Etienne ne va cesser de se réveiller par secousses pour se rendormir aussitôt. Des élèves pleurent, la classe est un champ de bataille. Je le tiens. Je le tiens. Je le tiens car je ne sais rien faire d'autre.
Enfin ils arrivent. Michel leur donne des infos, moi aussi mais ils sont déjà à l'oeuvre et ne nous écoutent pas. Etienne est un élève tout gentil, consciencieux. Ils me demandent s'il fume. Je réponds que ce n'est pas le profil.
Ils lui parlent fort, sans trop de ménagement presque, lui disant de se calmer. J'admire leur savoir. Le brancard arrive. Le bâtiment bouge, ils ont vu le camion. Je sors un peu et tous les élèves sont là, attendent. En tombant, Etienne s'est heurté la tête contre la table des filles puis contre le sol, d'où le sang. Les pompiers me disent qu'il ne faut pas stimuler (parler etc..) à quelqu'un qui fait une crise, sinon ça peut en provoquer d'autres. Il faut juste tenir la tête pour que la victime ne se fasse pas de mal supplémentaire.
Bientôt il part,les élèves refusent de rentrer en cours. Je leur dis d'aller chercher leurs sacs. certains refusent d'entrer, d'autres évitent la tâche. Les yeux sont rougis. Je leur dis juste d'être gentils avec Etienne quand il reviendra. Ils partent.
Je ferme la porte de la classe. Elle n'en a plus que le nom. Dehors, l'air est frais.

samedi 13 octobre 2007

C'est combien, là, le score?



Innocente question sur la place de la mairie à Rouen. C'est avec ma charmante tortionnaire canadienne de badmington que je me suis donc rendu à cette demi-finale. C'est alors que je me suis rendu compte que parler en anglais avec elle faisait tourner quelques têtes et déclenchait des chants de "Allez les Bleus qui se transformaient en rire quand je leur disais que j'étais français et elle canadienne.. . D'ailleurs, on s'est dit qu'il valait mieux parler français en cas de défaite. Ensuite, séance d'explication des règles et là, c'est une épreuve d'agreg à elle toute seule. "Mais y a pas d'actions, ils ne font que taper dans la balle". L'ambiance était belle mais on regrettera que le foot et ses sales manières se sont donc invités dans l'ovalie (à lire avec un accent du Sud Ouest). Puis le retour fut un peu plus long et moins riant mais là aussi, la joie de tous avoir été réunis a pris le pas. La phrase qui a le plus retenu mon attention, c'est celle d'un djeunz qui a crié "c'est fini, je vais plus en anglais"
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Là, je dis respect!!



Sinon, on parle de plus en plus en plus d'une annonce officielle de rupture de Nicolas Sarkozy et sa "chair est tendre"" (pour reprendre une traduction d'élèves). Est-ce que vous pensez qu'il va aller sur Meetic? Si c'est le cas on n'en parlera pas car:

Cécilia est à Genève depuis quelques jours, comme l’a fait savoir La Tribune de Genève le 11 octobre. La presse française a attendu que l’information soit donnée par le journal suisse pour en parler à son tour...

Voici le dernier paragraphe de cet article, qui se passe de commentaires :

« Les ennuis de couple du président français ne sont plus du domaine de la sphère privée. Pourtant, la presse française ne sait toujours pas comment les aborder. Une question d’éthique ? Pas seulement. Les patrons de presse sont tous amis avec le président. Tant que l’info n’est pas officielle, elle n’existe pas.