lundi 31 mars 2003

J’ai vu tant de choses que vous humains ne pourriez pas croire. De grands navires en feu surgissant de l’épaule d’Orion. J’ai vu des rayons fabuleux, des rayons C, briller dans l’ombre de la porte de Tannhäuser.
Tous ces souvenirs se perdront dans l’oubli comme des larmes dans la pluie. Il est temps de mourir ....



L. n'était pas très heureux ce soir, sous ce grand ciel étoilé

samedi 29 mars 2003

Je vous laisse ici le commentaire de Fleur de mars, que je salue au passage. C'était après mon post sur le pourquoi du comment d'une séparation et ma "théorie de minuit".

Très bien écrit et émouvant, elle se devait de faire partie du voyage...



S’autoriser larmes et peine, laisser rejaillir tous les souvenirs, bons et mauvais, les découvertes et les sentiments.

Certes rompre est une épreuve cruelle pour la personne quittée mais elle l’est tout autant pour la personne qui prend l’initiative et qui, par là-même s’en sent responsable.

J’avais retenu anxieusement mon souffle après cette séparation. Chacun de ses appels étaient pour moi une torture et meurtrissaient mon cœur. Je n’ai pu répondre à aucun.

Puis les souvenirs insidieux se sont peu à peu emparés de moi, m’imposant leur nostalgie, et les troubles regrets d’un royaume idéal dont j’ai perdu le chemin.

Hier (chaque jour l’est), le courage m’est enfin revenu. J’ai trouvé la force de l’appeler, le cœur battant. Qu’attendais-je ? Qu’espérais-je ? Quel vain projet ma folie m’avait fait concevoir ?

Sa réponse fut calme et sereine, pour la première fois depuis des mois. Et c’est cette voix là qui m’annonça la nouvelle, celle d’une rencontre, le début de la guérison, la découverte d’un nouveau royaume.

Pour moi, la douleur retenue depuis si longtemps peut enfin éclore…




Fleur de mars, reviens quand tu veux....

vendredi 28 mars 2003

De retour, un peu au calme, loin de tout ce qui nous entoure. Combien de fois ai-je eu envie d'écrire et combien de fois des éléments extérieurs (et intérieurs) m'en ont empêché, autant de mauvaises excuses....



L. pendant ce temps là, sans bruit, continuait son voyage sous cette lune éternellement pleine dont les rayons peignent d'une singulière couleur bleutée tout ce qu'ils touchent. Il s'arrêta dans une vieille maison abandonnée près d'un cours d'eau paresseux. Belle et majestueuse autrefois, le temps commençait à avoir raison d'elle. Elle n'était plus fièrement dressée comme avant. Elle ne pouvait plus comme jadis protéger ses habitants. Mais pour une nuit elle pouvait encore offrir un abri.

L. s'allongea sur ce qui restait d'un lit et se laissa bercer par le bruit de la rivière. Il regardait fixement le plafond, s'amusant à déceler quelques dessins des craquelures de la charpente. Bientôt il sombra dans un délicieux sommeil. Il se mit alors à rêver... Il rêva d'une autre époque, d'un autre temps.

Un chat passa devant lui, une femme lui sourit.... Des rires se firent entendre alors que la maison vibrait de souvenirs, expliquant chaque marque aux murs, chaque tâche au plancher, chaque marque de cadre ou de meuble....

Il ne sait combien de temps il dormit (le savons-nous tous vraiment?). Suffisament en tout cas pour écouter la maison lui raconter toutes ses histoires, tristes ou drôles, tragiques ou glorieuses. Tant d'histoires oubliées qu'elle ne pouvait plus conter.. Tant d'histoires narrant la joie disparue de cet endroit abandonné...



Il se réveilla. La rivière coulait, immuable..Avant de reprendre son chemin, L. entra dans une pièce, un ancien bureau. Un livre était ouvert, couvert de poussière. Il le porta à la lumière de la lune et lit:



Je souhaite dans ma maison:

Une femme ayant sa raison,

Un chat passant parmi les livres,

Des amis en toute saison

Sans lesquels je ne peux pas vivre.



-Guillaume Appollinaire-



L. mit donc ce texte dans son paquetage ainsi que dans un coin de son esprit et continua sa route....

lundi 24 mars 2003

Coming soon: l'histoire de cette femme au cinéma et l'histoire d'Henri..Si, si, j'y arriverai..!
Voyageur qui fait une halte ici, n'oublie pas de regarder les archives....

dimanche 23 mars 2003

L. regardait cette peinture. Il l'avait trouvé près d'un rocher, comme oubliée par quelque passant dans le ciel. A la lumière de la lune,il la regarda Il resta perplexe. Touché par le calme et la mélancolie de la scène, il ne put s'empêcher d'être submergé de questions. Pourquoi cette femme est-elle là? Pourquoi pleure-t-elle? Pourquoi ne regarde-t-elle pas le film? Et si elle avait perçu un message par delà ce film, qu'elle seule était en mesure de comprendre?

Et si, elle aussi, elle venait de rencontrer un fantôme du passé?
L. me regarde. Il n'est pas content et il a raison. Je sais que ces derniers temps je n'ai pas trop été avec lui. Je ne l'ai pas assez fait vivre. Je ne lui en veux pas. Mais j'ai plus d'activités en ce moment, et je ne veux pas lui donner d'histoires médiocres. Je ne dis pas que c'est de ma faute, je dis juste que je vais mieux faire très rapidement.

vendredi 21 mars 2003

L. regardait à travers l'étang. Il formait une sorte de miroir et parfois une sorte de fenêtre. Il se pencha et vit un éclair de lumière. Il regarda encore un peu plus et vit ce que nous vivons. Cette barbarie pour des intérêts que peu comprennent. Des vies disparaîtront et personne n'en saura rien.

L. retira sa tête lentement et tenta d'oublier ce qu'il venait de voir.


Il retourna alors dans sa tour, dans le pays où il voyageait, dans cet univers étrange qu'il pouvait modeler. Mais il savait qu'il n'y avait que cet univers qu'il pouvait modeler. Là-bas, il était un Dieu tout puissant, là-bas il aurait pu tout empêcher.

Mais son pouvoir ne pouvait franchir cette fenêtre vers un autre monde.Il en ressentit une grande tristesse.

Il fixa les étoiles de sa nuit perpétuelle et tenta de dormir.

En vain.

mercredi 19 mars 2003

Ce n'est pas là l'histoire du fantôme que je vais conter. Non, c'est une autre histoire, très courte. Ainsi sont les histoires, on ne les contrôle pas, elles ont leur propre vie et leur importance.


Il existe une expression anglaise qui dit :"to have skeletons in the closet".

Chacun a son passé avec son lot de moments glorieux et d'heures tout aussi sombres. Et c'est dans les petits moments de faiblesses que ces squelettes bougent. Qu'ils remuent et qu'ils se rappellent à votre attention.

Hier soir, j'ai reçu un coup de fil. D. m'a appelé et elle m'a dit avoir parlé avec une partie de son passé. Cela s'est très mal passé, jamais il ne lui avait parlé ainsi. Leur histoire était finie, et depuis, il avait changé. De généreux et attentionné, il était passé à froid et distant.

En fait, ce n'est pas vraiment une histoire, juste une réflexion (que L. aurait pu avoir d'ailleurs).

C'est une histoire somme toute assez banale, comme tous nous tous en avons vécu. Je peux dire ça (au sujet de cette banalité) et nous pouvons TOUS dire ça car bien entendu, nous ne somme spas impliqués et que nous avons un regard distant sur tout cela, bien entendu.

Mais pourquoi? pourquoi après avoir tout partagé, dès que deux personnes se séparent, ou tout du moins lorsqu'une quitte l'autre, les sentiments changent, mutent?Pourquoi devient-on hostile? Est-ce l'amour propre? Est-ce la douleur? L'amour est le seul domaine où le spectre des sentiments n'est pas une ligne mais un cercle. Un cercle où côte à côte se trouvent les encoches "AMOUR" et "HAINE". Admettons que la séparation soit à minuit, pourquoi à 23h59 parle-t-on d'enfant, d'amour éternel et une fois franchi le Styx de nos amours, il n'y a plus que dédain et hostilité, à minuit et une minute? Il y a bien souvent ce "tout ou rien, ce "à la vie à la mort". Et puis il y a toutes les rancoeurs qui sortent, ces petits riens qui blesseront l'autre.


Peut-être n'y a-t-il rien à comprendre après tout. Nous ne sommes pas des êtres parfaits et s'il y a une chose que nul ne contrôle, c'est bien nos sentiments. C'est pour notre bien et aussi parfois pour notre malheur. Cela fait bouger ce que nous avons enterré ou caché. Et les squelettes se mettent à frapper...



Je donnerai cette pensée à L., il la mettra dans son paquetage ainsi que dans un coin de son esprit et continuera sa route....



(Et en échange de cette pensée, il me donnera la couronne trouvée dans la tour).



lundi 17 mars 2003

L. était dans la tour. Il faisait nuit.


Le fantôme est alors revenu, une fois de plus. Mais L comprit. Il ne venait pas pour le hanter. Il venait pour être libéré.

C'est la prochaine histoire qui vous sera contée....