mercredi 17 février 2010

De la couleur sur du tissu

Petite visite à Orsay. C'est l'avantage de la carte prof, on passe par
les entrées spéciales et on a juste à la montrer pour rentrer. On
n'est même pas comptabilisé par un joli ticket. Un peu décevant mais
ça a ce côté Wayne's World quand on rentre avec notre passe.
Une sensation assez extraordinaire dans les musées, c'est quand on
tombe par surprise sur un tableau que l'on connaît soit d'une carte
postale, d'un livre ou d'un dessous de verre. Agglutiné autour d'un
Van Gogh, le visiteur fasciné le regarde, le perce et le compare au
support qui l'a fait connaître. "Il est plus grand..petit".. Le
tableau immobile, il y a autour de lui une ronde de photos et de
commentaires. J'ai pris la première photo et j'ai réalisé que celà ne
servait à rien. Un carte postale et une photo sur internet seront bien
plus efficaces que mon cadrage approximatif. Ce qui fascine, ce sont
les coups de pinceaux et la surface de la toile, que bien sur on ne
peut pas deviner celà sur le papier glacé. L'artiste et sa relation
avec la toile, là, devant nous. Et l'espace d'un instant, on est
touché.
Changeons de salle et retrouvons nous devant l'Origine Du Monde de
Courbet (en haut et au milieu, sur la photo). Difficile à rater, le
tableau est dans la directe continuité de l'accès à la pièce. Peu de
photos sont prises. On s'approche peu aussi, comme si une gêne
s'emparait de nous. alors que tout le monde regarde les oeuvres à
quelques centimètres par delà la corde de sécurité, ce n'est pas le
cas ici. Et qu'est-ce que l'on peut lire la notice! Ce tableau,
"poussant l'art à son extême" dit cette dernière me fascine. Non pas
pour des raisons évidentes mais parce que, peint en 1866 il a choqué
et que 150 ans plus tard, il gêne encore. Il suscite la polémique (et
doit bien choquer nos touristes américains), il est l'objet de
conversations (à voix basses, bien sur) au 21ème siècle, à une époque
où notre regard condescendant sur les moeurs d'autrefois les fait
passer pour prudes et datées. Certes, nous ne le présentons plus
derrière un rideau mais il est toujours là, à déclencher la parole
faisant s'exprimer l'opinion de chacun (et à faire l'objet d'un
post..)

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