lundi 3 mars 2003

L. ne s'était rendu compte de rien.

Son univers venait pourtant de s'effondrer. Comme ça, en un coup. Il en contemplait les ruines à perte de vue, hébété, ne sachant comment réagir. Fallait-il rire ou pleurer?Danser ou s'agenouiller?

Il ne restait plus rien si ce n'était des souvenirs, tranchant comme la douleur.

Il errait ainsi dans ce qui avait été son monde, contemplant les vestiges de ce qui avait été. Il ne savait comment réagir. Tout ce qu'il avait venait de lui glisser entre les doigts et ne cessait de tomber, tel le sable qu'on ne peut retenir.

Il avait suffit d'un instant, d'un tout petit instant pour détruire un grand rêve.

Il était éveillé maintenant et il faisait toujours aussi nuit.



Entouré de ténèbres, pétri de ténèbres et ne comprenant toujours pas, il était assailli de questions, et se perdait en elles.

Assis sur une pierre, il ne bougeait pas et tentait de comprendre ce séisme. Sa Rome ne s'était pas construite en un jour mais s'était effondrée en une nuit.



Il n'avait plus qu'une seule chose à faire.

Partir

Marcher. Voler.

Voir d'autres horizons, d'autres contrées.

Quitter le champ de désolation qui avait remplacé son jardin suspendu.



C'est donc par une belle nuit que L. fit son paquetage. La douleur marchant à ses côtés il s'engagea sur le premier chemin qui s'offra à lui, quelque part nul part.

Car c'était bien là qu'il allait:

Ailleurs.

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